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Juin
02
2014

Les animaux dans la grande guerre, des vécus oubliés

Les animaux dans la grande guerre, des vécus oubliés

expo chienne de guerre

Lors de la 1ère guerre mondiale (et même lors de la seconde), un nombre impressionnant d’animaux a côtoyé les hommes et la mort dans ce conflit « moderne ».

Si les récents documentaires sur les deux guerres mondiales proposent de belles images colorisées, on y voit pourtant très rarement les animaux sans lesquels les hommes n’auraient pas pu déchainer autant de violence. Sorte de nombrilisme humain associé à une notion de souffrance et de douleur toute humaine, je trouve le travail de sélection des images d’archives montrant quasi uniquement des hommes, des machines ou des destructions un peu injuste et donnant une image trop moderne et mécanisée de ces conflits.

Sans le cheval, l’acheminement du matériel, des hommes et des machines n’aurait pas été possible.

Récemment pourtant, le film cheval de guerre de Steven Spielberg – bien que romancé – a tenté de redonner une place à ces animaux oubliés et c’est à cela que s’attache Eric Baratay dans sa conférence.

Alors pour tous ceux qui n’auraient pas pu y assister et qui aimeraient en savoir plus sur cet épisode de l’histoire trop souvent oublié, vous pouvez retrouver la conférence en podcast sur le site de l’université de Clermont-Ferrand.

http://videocampus.univ-bpclermont.fr/?v=AsGl4Hq6My0p

 

Éric Baratay, professeur à l’université Lyon 3, spécialiste de l’histoire des animaux, a dernièrement publié « Le Point de vue animal, une autre version de l’histoire », Seuil, 2012, et « Bêtes des tranchées, des vécus oubliés », Cnrs Éditions, 2013.
11 millions d’équidés, 100 000 chiens, 200 000 pigeons : les animaux ont été enrôlés en masse dans la Grande Guerre, pour porter, tirer, guetter, secourir, informer… Les tranchées ont également abrité des milliers d’animaux domestiques ou de ferme, abandonnés par des civils en fuite, et d’animaux sauvages coincés au milieu du front, mais aussi des rats, des mouches, des poux, attirés par l’aubaine. Parfois pourchassés, plus souvent gardés et choyés, ils ont fréquemment aidé les soldats à survivre dans l’enfer, à s’accrocher à la vie, à occuper leur temps. Mais, alors que les combattants de tous bords ont beaucoup évoqué, avec reconnaissance, ces compagnons de guerre, nous les avons oubliés. On peut retrouver ces « soldats à quatre pattes » et tous ces animaux ayant vécu la guerre en empruntant leur point de vue, de manière à restituer leurs vécus, leurs actions, leurs émotions, leurs coopérations ou leurs résistances, leurs souffrances et leurs destins, afin aussi de mieux comprendre les attitudes et les sentiments des soldats, dans un panorama international des deux côtés du front ouest.

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