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Sep
18
2012

Les chiens ressentent-ils l’empathie ?

Les chiens ressentent-ils l’empathie ?

C’est la question que se sont posés des chercheurs britanniques et dont l’étude a fait l’objet d’un rapport publié il y a quelques mois.

L’étude d’une trentaine de pages intitulée “Empathic-like responding by domestic dogs (Canis familiaris) to distress in humans: An exploratory study » (disponible ici directement, mais en anglais) est partie de ce constat simple : certains chiens semblent affectés par nos émotions, que cela révèle-t-il ?

 

Je vais essayer de détailler ce document très intéressant mais dont l’anglais est parfois un peu technique. Alors préparez le paracétamol, ça va être un peu long…

1 – Constat et lieux communs

En première instance, le rapport mentionne la relation très ancienne entre l’homme et le chien (canis lupus familiaris). En effet, sa domestication très ancienne et sa place à nos côtés en fait l’un des rares animaux à pouvoir analyser nos réactions.

In addition, it has been suggested that domestication has led to a strong predisposition in dogs to form close affectional bonds with humans.

En outre, il a été suggéré que la domestication a conduit une forte prédisposition chez les chiens à créer des liens affectifs étroits avec les humains.

Cela étant suggéré et justifié peu après par l’état prédateur du chien, de sa possible capacité/nécessité à percevoir l’état émotionnel des autres espèces car ce sont des proies potentielles.

Nevertheless, one might expect a predator/scavenger, such as a dog, to be predisposed to respond to the distress signals of other species.

Néanmoins, l’on peut s’attendre à ce qu’un prédateur/charognard comme le chien, soit prédisposé à répondre aux signaux de détresse d’autres espèces.

 

2 – L’empathie ?

Ce que les chercheurs ont cherché à déterminer, c’est avant tout si l’empathie chez le chien est un comportement naturel et induit ou si elle est motivée par d’autres facteurs.

On l’observe tous, nos chiens réagissent à nos émotions -déjà que leurs sens (l’odorat et l’ouïe notamment) les aident à distinguer nos variations d’humeur et d’émotions-, c’est pourquoi un facteur d’empathie paraît probable ; d’autant plus que chaque chien réagit de façon différente : certains pleurnichent, essayent de jouer, de lécher ou encore de poser leur tête sur l’individu en question. Cependant il est intéressant de voir que l’étude cherche à écarter de ce comportement la possibilité d’une empathie « conditionnée » (notamment par les caresses que procurent ces interactions) et donc de déterminer si le chien fait preuve d’une réelle empathie ou si cela sert ses intérêts personnels.

Quatre facteurs sont étudiés:

– l’attention égoïste,

– la curiosité,

– la recherche de réconfort

– et l’empathie « véritable ».

Je passerai sur les conditions d’étude qui ne sont pas très pertinentes ici, il faut seulement savoir que l’étude s’est déroulée avec 18 chiens de taille moyenne en présence de leur détenteur et d’individus inconnus qui ont tous participés à l’expérience. Enfin d’après les chercheurs, pour ne pas stresser les chiens les tests se sont opérés dans leur salon. (Les chiens en question n’ont reçus aucun entrainement particulier).

 

3 – Etude et résultats

L’étude consistait à demander aux propriétaires et à des inconnus tous présents dans le salon de faire semblant de pleurer, de discuter et de chuchoter suivant un protocole de durée préétabli.

Ceci ayant pour but de déterminer si les chiens étaient attirés par curiosité ou par égoïsme vers les personnes faisant semblant de pleurer. Et si les pleurs attiraient davantage les chiens que les dialogues c’est parce qu’ils traduisent des émotions « vives », alors que les paroles apparaissent comme des actes fréquents donc anodins pour les chiens.

Concernant la réaction des chiens, l’étude s’attendait à quatre attitudes de la part des chiens : l’approche « soumise », calme, enjouée et en état d’alerte.

La plupart des chiens de l’étude se sont approchés lorsque les sujets testeurs faisaient semblant de pleurer, aucun ne s’est approché lorsqu’ils parlaient. Toutefois, on a remarqué que les chiens étaient plus intéressés par les chuchotements que par les discussions ; la plupart d’entre eux ont montré une approche « soumise ».

Les chiens se sont approchés de leurs propriétaires autant que des inconnus, sans que cela puisse laisser conclure qu’il s’agit d’empathie pure. Pourtant cela pourrait permettre d’écarter la recherche de réconfort égoïste puisque le chien ne se dirige pas plus vers ses propriétaires alors que des automatismes de réconfort et de caresses existent au quotidien.

 

4 – Conclusion

Pour conclure l’étude énonce ceci :

In conclusion, we in no way claim that the present study provides definitive answers to the question of empathy in dogs.

En conclusion, nous ne pouvons en aucune manière affirmer que la présente étude puisse formuler une réponse définitive à la question de l’empathie chez les chiens.

En fait les résultats sont assez mitigés et surtout délicats à interpréter et il semblerait que cette étude se voue à être un préambule à des études futures, ce qui est indiqué dès la formulation même de l’intitulé : « […] An exploratory study ».

 

5 – Interprétation et usage

Bien que nous ne puissions actuellement (semble t-il) prouver définitivement les motivations de « l’empathie » chez le chien, il s’avère que c’est un comportement existant.

C’est pourquoi la prise en compte de ce comportement est une chose intéressante, que la motivation du chien soit « franche » ou non, il peut être intéressant d’utiliser cet aspect comme autant de réconfort pour l’être humain.

Après libre à chacun d’en retirer satisfaction même si cela peut se jouer à l’insu du chien, car après tout s’il s’avérait que le chien agit par intérêt personnel, alors pourquoi pas nous ?

 

 

 

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