Amener son chien au travail limiterait le stress

Amener son chien au travail limiterait le stress

Amener son chien au travail limiterait le stress…à condition d’en avoir un et d’aimer cela…

 

Un groupe de chercheurs d’une université américaine a publié cette année un document de recherches sur le lien entre chien et stress dans le cadre du travail en entreprise.

Leur travail s’est penché sur le stress et la perception de l’organisation dans un environnement de travail dans lequel les chiens sont acceptés.

Pour cela trois types de personnes ont participé à l’étude, des employés qui amènent leur chien avec eux, des employés qui décident de ne pas les amener avec eux et enfin des employés qui n’ont pas de chien (DOG group, NoDOG group, NOPET group).

L’étude a eu lieu dans une fabrique de produits au détail située en Caroline du Nord. Celle-ci emploie 550 personnes et autorise depuis 15 ans les employés à venir accompagnés de leurs chiens. A ce jour entre 20 et 30 chiens accompagnent leurs propriétaires au travail dans cette entreprise. Les employés étudiés sont tous au moins titulaire d’un baccalauréat ou plus et travaillent en bureaux essentiellement.

 

Trois effets sont étudiés :

L’engagement affectif (avec la société).

La perception du soutien organisationnel.

La satisfaction de son travail.

 

Je ne vais pas m’attarder sur l’analyse de l’étude qui est assez technique. Elle contient de nombreux chiffres de données et d’analyses structurelles sur les employés au sein de leur entreprise.

Le papier est en anglais, vous pouvez consulter le *.pdf via le lien suivant : « Preliminary investigation of employee’s dog presence on stress and organizational perceptions »

Quoi qu’il en soit, il est intéressant de commenter les quelques graphiques et tableaux présents à la fin du document.

Le graphique ci-dessus présente le niveau de stress de chaque groupe au cours d’une journée de travail en présence de chiens.

On s’aperçoit que le groupe des employés ayant amené leurs chiens (bleu) est celui qui est le moins stressé et présente même une légère régression du stress. A l’inverse le groupe des employés possédant des chiens mais ne les ayant pas amenés (rose) est de loin le plus stressé et celui-ci semble s’accroître avec le temps.

Tandis que le groupe n’ayant pas de chiens (vert) reste plutôt indifférent à la présence des chiens.

Le graphique ci-dessus représente les résultats d’expérience du groupe de ceux qui amènent leur chien. Cependant pour cette expérience particulière, les chercheurs ont étudié les nuances de stress en fonction de la présence ou non de leur animal lors d’une journée de travail.

En rose l’étude en l’absence des chiens, en bleu en présence des chiens. On voit clairement que le stress augmente tout au long de la journée en l’absence de chiens tandis qu’en présence de chiens le stress des employés diminue et se stabilise.

 

Conclusion

Les chercheurs ont ainsi déterminé que la plupart des employés ne ressentaient pas de différence dans leur productivité lorsque des chiens étaient présents.

Mais également que pour à peu près 20% des employés, la présence des chiens était perçue comme une menace à leur productivité. C’est également le taux de personnes percevant la présence de chiens comme bénéfique à leur travail.

Enfin ils considèrent que la présence de chiens sur le lieu de travail est plutôt bien vue, mais que certaines considérations « pratiques » comme la propreté, le comportement, etc. devraient être écartées et/ou prises en compte pour des travaux complémentaires sur les employés n’ayant pas de chiens.

 

Discussion

L’idée est assez intéressante, bien que je ne sois pas le mieux placé pour en juger (je travaille avec des chiens et j’ai souvent les miens avec moi dans mon travail…), il pourrait être utile à certaines entreprises d’explorer cette opportunité afin de réduire l’anxiété du personnel.

Petit bémol, l’étude s’est portée sur les employés d’une entreprise qui a déjà l’habitude d’accueillir des chiens, bien que difficile, il aurait été intéressant d’observer cela au sein d’une entreprise qui n’est pas coutumière de cette pratique.

L’initiative existe déjà en France dans certaines entreprises, je pense notamment à une animalerie en ligne…

A quand d’autres initiatives ?

Les chiens ressentent-ils l’empathie ?

Les chiens ressentent-ils l’empathie ?

C’est la question que se sont posés des chercheurs britanniques et dont l’étude a fait l’objet d’un rapport publié il y a quelques mois.

L’étude d’une trentaine de pages intitulée “Empathic-like responding by domestic dogs (Canis familiaris) to distress in humans: An exploratory study » (disponible ici directement, mais en anglais) est partie de ce constat simple : certains chiens semblent affectés par nos émotions, que cela révèle-t-il ?

 

Je vais essayer de détailler ce document très intéressant mais dont l’anglais est parfois un peu technique. Alors préparez le paracétamol, ça va être un peu long…

1 – Constat et lieux communs

En première instance, le rapport mentionne la relation très ancienne entre l’homme et le chien (canis lupus familiaris). En effet, sa domestication très ancienne et sa place à nos côtés en fait l’un des rares animaux à pouvoir analyser nos réactions.

In addition, it has been suggested that domestication has led to a strong predisposition in dogs to form close affectional bonds with humans.

En outre, il a été suggéré que la domestication a conduit une forte prédisposition chez les chiens à créer des liens affectifs étroits avec les humains.

Cela étant suggéré et justifié peu après par l’état prédateur du chien, de sa possible capacité/nécessité à percevoir l’état émotionnel des autres espèces car ce sont des proies potentielles.

Nevertheless, one might expect a predator/scavenger, such as a dog, to be predisposed to respond to the distress signals of other species.

Néanmoins, l’on peut s’attendre à ce qu’un prédateur/charognard comme le chien, soit prédisposé à répondre aux signaux de détresse d’autres espèces.

 

2 – L’empathie ?

Ce que les chercheurs ont cherché à déterminer, c’est avant tout si l’empathie chez le chien est un comportement naturel et induit ou si elle est motivée par d’autres facteurs.

On l’observe tous, nos chiens réagissent à nos émotions -déjà que leurs sens (l’odorat et l’ouïe notamment) les aident à distinguer nos variations d’humeur et d’émotions-, c’est pourquoi un facteur d’empathie paraît probable ; d’autant plus que chaque chien réagit de façon différente : certains pleurnichent, essayent de jouer, de lécher ou encore de poser leur tête sur l’individu en question. Cependant il est intéressant de voir que l’étude cherche à écarter de ce comportement la possibilité d’une empathie « conditionnée » (notamment par les caresses que procurent ces interactions) et donc de déterminer si le chien fait preuve d’une réelle empathie ou si cela sert ses intérêts personnels.

Quatre facteurs sont étudiés:

– l’attention égoïste,

– la curiosité,

– la recherche de réconfort

– et l’empathie « véritable ».

Je passerai sur les conditions d’étude qui ne sont pas très pertinentes ici, il faut seulement savoir que l’étude s’est déroulée avec 18 chiens de taille moyenne en présence de leur détenteur et d’individus inconnus qui ont tous participés à l’expérience. Enfin d’après les chercheurs, pour ne pas stresser les chiens les tests se sont opérés dans leur salon. (Les chiens en question n’ont reçus aucun entrainement particulier).

 

3 – Etude et résultats

L’étude consistait à demander aux propriétaires et à des inconnus tous présents dans le salon de faire semblant de pleurer, de discuter et de chuchoter suivant un protocole de durée préétabli.

Ceci ayant pour but de déterminer si les chiens étaient attirés par curiosité ou par égoïsme vers les personnes faisant semblant de pleurer. Et si les pleurs attiraient davantage les chiens que les dialogues c’est parce qu’ils traduisent des émotions « vives », alors que les paroles apparaissent comme des actes fréquents donc anodins pour les chiens.

Concernant la réaction des chiens, l’étude s’attendait à quatre attitudes de la part des chiens : l’approche « soumise », calme, enjouée et en état d’alerte.

La plupart des chiens de l’étude se sont approchés lorsque les sujets testeurs faisaient semblant de pleurer, aucun ne s’est approché lorsqu’ils parlaient. Toutefois, on a remarqué que les chiens étaient plus intéressés par les chuchotements que par les discussions ; la plupart d’entre eux ont montré une approche « soumise ».

Les chiens se sont approchés de leurs propriétaires autant que des inconnus, sans que cela puisse laisser conclure qu’il s’agit d’empathie pure. Pourtant cela pourrait permettre d’écarter la recherche de réconfort égoïste puisque le chien ne se dirige pas plus vers ses propriétaires alors que des automatismes de réconfort et de caresses existent au quotidien.

 

4 – Conclusion

Pour conclure l’étude énonce ceci :

In conclusion, we in no way claim that the present study provides definitive answers to the question of empathy in dogs.

En conclusion, nous ne pouvons en aucune manière affirmer que la présente étude puisse formuler une réponse définitive à la question de l’empathie chez les chiens.

En fait les résultats sont assez mitigés et surtout délicats à interpréter et il semblerait que cette étude se voue à être un préambule à des études futures, ce qui est indiqué dès la formulation même de l’intitulé : « […] An exploratory study ».

 

5 – Interprétation et usage

Bien que nous ne puissions actuellement (semble t-il) prouver définitivement les motivations de « l’empathie » chez le chien, il s’avère que c’est un comportement existant.

C’est pourquoi la prise en compte de ce comportement est une chose intéressante, que la motivation du chien soit « franche » ou non, il peut être intéressant d’utiliser cet aspect comme autant de réconfort pour l’être humain.

Après libre à chacun d’en retirer satisfaction même si cela peut se jouer à l’insu du chien, car après tout s’il s’avérait que le chien agit par intérêt personnel, alors pourquoi pas nous ?